jeudi 10 février 2011

1991, L'armée yougoslave, vraiment puissante ?
La guerre d’intoxication bat son plein en Yougoslavie. Les fédéraux Serbes forts d’une puissance théorique de 700.000 hommes, masquent un taux de désertion important. Les sécessionnistes Croates pleurent sur un approvisionnement en armes, qui ne semble pas sur le terrain être si pitoyable.

Sur le papier, l’armée fédérale yougoslave est toute puissante. Forte de 180.000 hommes en temps ordinaire, elle dispose d’un réservoir théorique de 510.000 réservistes. Mais pour combien de temps encore ? Plus le temps passe, plus ses forces, malgré l’ordre de mobilisation générale et de rappel des réservistes, au lieu de monter en puissance, ont tendance à se réduire telle une peau de chagrin. Après les Slovènes et les Croates qui ont abandonné l’armée fédérale en même temps que leur Etat se proclamait indépendant, le 25 juin dernier, l’heure est aujourd’hui pour toutes les composantes de l’armée au sauve qui peut. Les Albanais et les Musulmans sont des recrues peu sûres. Les Macédoniens et les Hongrois trainent des pieds pour venir s’enrôler. 5000 conscrits de Voïvodine refusant de partir à la guerre sont déjà partis se réfugier en Hongrie. La Hongrie qui pour éviter toute tension supplémentaire avec le gouvernement de Belgrade exige de toute personne passant la frontière, qu’elle dépose ses armes en entrant. Même, les jeunes Serbes ne montrent pas un enthousiasme forcené. Seuls 15% des Serbes de Sarajevo (Bosnie) ont répondu à l’appel et selon l'hebdomadaire indépendant "Vreme", la situation est identique en Serbie. La conscription n’a jusqu’à présent permis de lever que 15% seulement des serbes de Belgrade et 50% dans toute la république. D’autant que les troupes déjà incorporées commencent à déserter par vague, comme cela s’est produit il y a dix jours dans une caserne d’Herzégovine où six cent réservistes serbes ont plaqué leur unité et sont rentrés chez eux sans plus de formalités ; et sur le manque de combativité de l’encadrement - le commandement de la base n’a pu que laissé faire ; il a juste désarmé les peu enthousiastes guerriers et promis des “poursuites conformément au code militaire". Par ailleurs, le “suicide” lundi 30 septembre du contre amiral Barovic, un des commandants de l’état major fédéral est un signe plutôt négatif du moral des troupes. Ce n’est pas les quelques centaines de volontaires des milices serbes incorporés à l’armée fédérale qui pourront compenser ces pertes (cf tableau), sans compter les pertes en matériel, au moins une dizaine d’avions et environ une centaine de chars.

La situation n’est plus brillante chez les Croates puisque selon Milos Vasic, spécialiste militaire de Vreme, “10.000 Croates ont déjà trouvé refuge en Slovénie (en Italie ou en Autriche) pour éviter de faire leur service dans la Garde nationale”. Si le rapport de forces ne permet pas aux “fédéraux” de remporter une bataille décisive dans les jours prochains, les Croates pourront dédier une de leurs prières au… maréchal Tito ! Le “vieux” à force de clamer les mérites de l’autogestion, et de vouloir réactualiser la lutte des partisans avait en effet fait un choix stratégique et politique d’institutionnaliser le port d’armes, les fabriques locales de fusils - une tradition particulièrement vivace en Bosnie - et plus sérieusement l’implantation de DCA dans certaines usines. Il a ainsi offert aux différentes républiques “autonomes” des capacités opérationnelles - avec détachements territoriaux et instruction de réservistes. Un curieux renversement de l’histoire, dont l’Armée “populaire yougoslave” se passerait bien aujourd’hui. Comble de l’ironie, les responsables croates qui avaient déclaré dans un premier temps qu’ils ne voulaient plus entendre parler de défense territoriale semblent contraints par les faits de s’adapter rapidement à une pratique d’armée populaire. Tandis que les Serbes tenant d’une armée populaire se replient peu à peu sur une armée professionnelle.

(article Paru dans la Truffe 7 octobre 1991 © NGV - infographie JSI)

Annexe - les forces en présence

a) QUI RESTE-T-IL DANS L’ARMEE FEDERALE…
Professionnels (80.000)
* serbes 40.000
**autres 30.000
*** 10.000
Appellés (100.000)
* serbes, monténégrains 40.000
** albanais, musulmans, macédoniens 20.000
*** hongrois, croates, slovènes 40.000
Réservistes (510.000)
* serbes, monténégrains 60.000 hommes
** divers 30.000
*** hongrois, croates, slovènes, albanais, musulmans, macédoniens, serbes déserteurs
Total forces sûres disponibles (maximum de capacité) 140.000 hommes

Légende : * = troupes sûres, ** peu sûres, *** absents (déserteurs, réfractaires, neutres, adversaires…)
NB : attention, ces chiffres ne sont qu’une évaluation de la situation, ils permettent de donner une idée de la situation et ne peuvent être considérés comme scientifiquement exacts, vu le peu de connaissance de la composition sociologique de l’armée yougoslave.

Total forces croates (minimum) 60.000

b). CARTE DES APPROVISIONNEMENTS EN ARME
Malgré ce qu’ils peuvent laisser croire, les Croates, comme leurs voisins Slovènes se sont équipés de façon plus que satisfaisante en armement neuf. Seul handicap - et de taille - ils ^n’auraient (pour l’instant) pas comme l’armée fédérale d’armements lourds, une aviation et une marine. En effet, en quelques mois la Yougoslavie s’est transformé en un vaste marché d’armes où se retrouve non seulement l’arsenal du défunt pacte de Varsovie, mais aussi des armes occidentales ou des pays en voie de développement. Selon l’hebdomadaire spécialisé Jane's Defence Weekly, l’ensemble des bélligérants a reçu “depuis juin pour plus de 15 millions de dollars (soit 84 millions de francs) d'armes individuelles du "marché noir" et de fournisseurs étrangers agréés.”

Armée fédérale (Belgrade)
Terre 1.850 chars lourds dont 850 T-54/55,
Artillerie 1.934 canons tractés, plus de 6.000 mortiers
Air 455 avions de combat MIG, 198 hélicoptères armés.
Marine 5 sous-marins, 4 frégates lance-missiles, 59 patrouilleurs et garde-côtes

Milices serbes
approvisionnement de :
- Israël,
- Armée Fédérale

Croates
- Hongrie (Kalatchnikoff)
- Singapour (fusils d’assault SAR-80 de la Charterde Industries of Singapore) - Stinger (fabrication Usa - transit Chypre - destiné Afghanistan)
- Israel (carabines sophistiquées de précission Steyr Police ou des mitraillettes israéliennes UZI)
flux continus
- Italie (fusils italiens à canon lisse Franchi Spas 12
- Autriche
- Australie
- Allemagne (Lance roquettes anti-chars allemands MBB)
+ Armée fédérale (stock territorial)

Lieux de fabrication
Hélicoptères (Serbie sud est de Belgrade, 80 kms)
Chars (Bosnie - près Sarajevo)
L'usine Zastava fabrique les M72 et AK47 à Kragujevac (Serbie)
A Mostar (Bosnie) : fabrication d'avions Galeb et SuperGaleb

c) Répartion de la population
Serbes 36%
Croates 20%
Musulmans 9%
Slovènes 8%
Albanais 7%
Yougoslaves 5%
Monténégro 2%
Hongrois 2%
divers 5%

(article paru dans la Truffe, quotidien français, novembre 1991)

mercredi 9 février 2011

Оно што је наш пројекат?

Намера овог истраживања је да прикупља доказе о младим људима који су одбили да учествују у ратовима у бившој Југославији 90-их.

Ми верујемо да се историја не би требало да буде само написан од стране политичара и бораца такође морају дати глас онима који се одлуче да одбаце рат.

Овакав став је то против било ког рата, као што је био случај, на пример француских младих у рату Алжира у касним 50-до 62.

Почињемо са идејом да у свим земљама, значајан део становништва је мудрије и луцидна од лидера који користе национализам за личну власт.

Ми претпостављамо да су разлози одбије рата могу бити веома различити: лично, породично, филозофске, политичке, верске ...

Ми поштујемо их све.

Наш пројекат је да напише књигу на француском језику на основу сведочења, да је бар део меморије ове генерације је сачувана и позната у Француској.

Уместо да увек говори о злочинима и масакре, ми радије у част онима који су имали храбрости да се одупре циклус насиља.

Ми смо у потрази за сведока тог времена, мушкарци и жене су приближно између 20 и 40 година у 1990, и који су спремни да нам кажу своја искуства и своје мотивације.

Ако људи желе, ми ћемо поштовати њихову анонимност.

Хвала вам за вашу помоћ.

lundi 7 février 2011

Présentation

Оно што је наш пројекат?

Намера овог истраживања је да прикупља доказе о младим људима који су одбили да учествују у ратовима у бившој Југославији 90-их. 

Ми верујемо да се историја не би требало да буде само написан од стране политичара и бораца такође морају дати глас онима који се одлуче да одбаце рат. 

Овакав став је то против било ког рата, као што је био случај, на пример француских младих у рату Алжира у касним 50-до 62. 

Почињемо са идејом да у свим земљама, значајан део становништва је мудрије и луцидна од лидера који користе национализам за личну власт. 

Ми претпостављамо да су разлози одбије рата могу бити веома различити: лично, породично, филозофске, политичке, верске ... 

Ми поштујемо их све. 

Наш пројекат је да напише књигу на француском језику на основу сведочења, да је бар део меморије ове генерације је сачувана и позната у Француској. 

Уместо да увек говори о злочинима и масакре, ми радије у част онима који су имали храбрости да се одупре циклус насиља. 

Ми смо у потрази за сведока тог времена, мушкарци и жене су приближно између 20 и 40 година у 1990, и који су спремни да нам кажу своја искуства и своје мотивације. 

Ако људи желе, ми ћемо поштовати њихову анонимност. 

Хвала вам за вашу помоћ.





L’intention de ce travail de recherche est de recueillir les témoignages des jeunes gens qui ont refusé de participer aux guerres de l’ex-Yougoslavie dans les années 90.

Nous considérons que l’Histoire ne doit pas être écrite seulement par les politiciens et les combattants, il faut aussi donner la parole à ceux qui choisissent de refuser la guerre.

Ce genre d’attitude se présente face à toute guerre, comme ce fut le cas par exemple des jeunes français lors de la guerre d’Algérie à la fin des années 50, jusqu’en 62.

Nous partons de l’idée que dans tous les pays, une fraction importante de la population est plus sage et plus lucide que les dirigeants qui exploitent le nationalisme à des fins de pouvoir personnel.

Nous supposons que les raisons de refuser la guerre peuvent être très diverses : personnelles, familiales, philosophiques, politiques, religieuses… 

Nous les respectons toutes.

Notre projet est d’écrire un livre en français fondé sur des témoignages, pour qu’au moins une part de la mémoire de cette génération soit conservée et connue en France.

Plutôt que parler toujours des crimes et des massacres, nous préférons mettre à l’honneur ceux qui ont eu le courage de résister à l’engrenage de la violence.

Nous sommes donc à la recherche de témoins de cette époque, hommes et femmes qui avaient  à peu près entre 20 et 40 ans en 1990, et qui accepteraient de nous raconter ce qu’ils ont vécu ainsi que leurs motivations.

Si les personnes le souhaitent, nous respecterons leur anonymat.

Merci pour votre aide.

Antoine Barral, Georges Simansky.
  

The aim of this research work is to collect the testimony of young people who refused to take part in the wars of former Yugoslavia in the 1990s.

  We consider that history should  not be written only by politicians and combatants, but should also give a voice to those who refused going to war.

  Such an attitude occurs in every war, as was the case, for example, of young French people at the time of the Algerian war at the end of the 1990s up to 1962.

  We start from the idea that in every country an important part of the population is wiser and more clear-sighted than are leaders who exploit nationalism in their pursuit of political power.

  We understand that there may be many reasons for refusing to take part in war: personal, family, philosophical, political, religious…We respect them all.

  Our project is to write a book in French based on such testimonies, so that at least part of the memory of that generation should be preserved and recognised in France.

  Rather than always speaking of crimes and massacres we should honour those who had the courage to resist the systemic urge to violence.

  Accordingly, we seek the testimony of their epoch from among men and women, around 20 or 40 years old in 1990, who agree to tell us what they have experienced and their motivations.

  We respect witnesses, who may desire to be anonymous.

  Thank you for your help.

  Antoine Barral, Georges Simansky.